Le risque transport de matières dangereuses

 
 
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1) Généralités

  • Qu'est-ce que le risque Transport de Matières Dangereuses (TMD) ?

Le risque de transport de matières dangereuses est consécutif à un accident se produisant lors du transport, par voie routière, ferroviaire, aérienne, d’eau ou par canalisation de matières dangereuses.

On peut observer quatre types d’accident :

  • Une explosion : elle peut être provoquée par un choc avec production d’étincelles (notamment pour les citernes de gaz inflammables) ou pour les canalisations de transport exposées aux agressions d’engins de travaux publics. L’explosion peut avoir des effets à la fois thermiques et mécaniques (effet de surpression dû à l’onde de choc). Ces effets sont susceptibles d’être ressentis à proximité du sinistre et jusque dans un rayon de plusieurs centaines de mètres.
  • Un incendie : il peut être causé par l’échauffement anormal d’un organe du véhicule, un choc avec production d’étincelles, l’inflammation accidentelle d’une fuite (citerne ou canalisation de transport) ou une explosion au voisinage immédiat du véhicule. 60 % des accidents de TMD concernent des liquides inflammables. Un incendie de produits inflammables solides, liquides ou gazeux engendre des effets thermiques (brûlures), qui peuvent être aggravés par des problèmes d’asphyxie et d’intoxication, liés à l’émission de fumées toxiques.
  • Un dégagement de nuage toxique : il peut provenir d’une fuite de produit toxique (cuve, citerne, canalisation de transport) ou résulter d’une combustion (même d’un produit non toxique). En se propageant dans l’air, l’eau et/ou le sol, les matières dangereuses peuvent être toxiques par inhalation, par ingestion directe ou indirecte, par la consommation de produits contaminés, par contact. Selon la concentration des produits et la durée d’exposition, les symptômes varient d’une simple irritation de la peau ou d’une sensation de picotements de la gorge, à des atteintes graves (asphyxies, œdèmes pulmonaires). Ces effets peuvent être ressentis jusqu’à quelques kilomètres du lieu du sinistre.
  • Une pollution du sol et/ou des eaux : elle peut être due à une fuite de produit liquide qui va ensuite s’infiltrer dans le sol et / ou se déverser dans le milieu aquatique proche. L’eau est un milieu extrêmement vulnérable, car elle peut propager la pollution sur de grandes distances et détruire ainsi de grands écosystèmes.

Le transport de matières dangereuses peut donc entraîner des conséquences graves pour la population, les biens et/ou l’environnement. Les accidents de transport de matières dangereuses, très graves pour les personnes, sont peu fréquents. Cependant il convient de savoir que la majorité des accidents de transport de matières dangereuses mettent en cause des camions citernes.

  • Les conséquences sur les personnes et les biens :

Hormis dans les cas très rares où les quantités en jeu peuvent être importantes, les conséquences d'un accident impliquant des marchandises dangereuses sont généralement limitées dans l'espace, du fait des faibles quantités transportées :

  • les conséquences humaines :

Il s'agit des personnes physiques directement ou indirectement exposées aux conséquences de l'accident. Elles peuvent se trouver dans un lieu public, à leur domicile ou sur leur lieu de travail. Le risque pour ces personnes peut aller de la blessure légère au décès.

  • les conséquences économiques :

Les causes d'un accident de TMD peuvent mettre à mal l'outil économique d'une zone. Les entreprises voisines du lieu de l'accident, les routes, les voies de chemin de fer, etc. peuvent être détruites ou gravement endommagées.

  • les conséquences environnementales :

Un accident de TMD peut avoir des répercussions importantes sur les écosystèmes. On peut assister à une destruction partielle ou totale de la faune et de la flore. Les conséquences d'un accident peuvent également avoir un impact sanitaire (pollution des nappes phréatiques par exemple) et, par voie de conséquence, un effet sur l'homme.

2) Le risque transport de matières dangereuses dans le département
  • Le réseau routier en Charente :

Le département de la Charente est traversé par deux grands axes routiers :

  • La route nationale 10 : Paris-Bordeaux (trafic Nord-Sud);
  • La route nationale 141 : Limoges –Saintes (échanges Sud-Ouest/Nord-est).

La RN10 est fréquentée par un trafic poids-lourds significatif entre la péninsule ibérique et l'Europe du Nord et l'Est. L’itinéraire assure une fonction de transit de poids lourds, et ce malgré l'ouverture de l'autoroute A10.

Le département est également traversé par un réseau de routes départementales qui supportent un flux de transports non négligeable.

La traversée de ces axes est donc le fait de poids lourds en transit et/ou à destination des zones d'activités locales dont les activités nécessitent l'acheminement de matières dangereuses (produits chimiques –explosifs –artifices –hydrocarbures –alcools…).

  • Le réseau ferroviaire en Charente :

Le réseau ferroviaire dans le département est constitué d’une ligne principale et deux lignes secondaires sur lesquelles circulent des trains de voyageurs et des convois de marchandises :

  • La ligne Paris-Bordeaux traverse la Charente du Nord au sud; elle est empruntée par des trains à grande vitesse (TGVTrain à grande vitesse) et connaît un trafic moyen journalier (TMJ) de 115 trains dont 67 de voyageurs soit un trafic total estimé à 77 milliers de tonnes.
  • La ligne Angoulême Saintes compte 16 trains (TMJ) dont douze de voyageurs.
  • La ligne Angoulême Limoges enregistre un trafic moyen journalier plus réduit de 10 trains dont 8 de voyageurs principalement des trains régionaux. Depuis le 13 mars 2018, cette ligne est fermée à tout trafic ferroviaire en raison de défauts de géométrie de la voie.

Ces trois lignes convergent vers Angoulême où se trouve la plus importante gare du département. Les principales matières dangereuses transportées par voie ferrée sont des produits chimiques et des produits pétroliers.

Les gares de passagers notamment d’Angoulême sont également concernées par le risque TMD puisqu’il s’agit d’un stationnement concentré de wagons, parfois de longue durée.

La Ligne à Grande Vitesse Sud-Europe Atlantique (LGV SEA) mise en service en juillet 2017, traverse la Charente du nord au sud. Avec sa mise en service le fret devrait se développer avec une augmentation du transport de matières dangereuses sur cet axe et donc une augmentationdu niveau risque sur les traversées de zones habitées.

  • Le réseau de canalisations de transports de gaz :

Le département de la Charente est traversé par environ 686 kms de canalisations de transport de gaz exploités par la société GRTgaz qui relient le lieu de production situé dans les Landes à la région parisienne.

86 installations annexes aériennes sont présentes sur le département pour assurer cette desserte. 120 des 394 communes de la Charente sont impactées par les effets dangereux des canalisations de transport de gaz.

3) Les actions préventives

– Des actions de sécurité routière sont entreprises chaque année dans le département de la Charente pour :

  • Programmer des travaux d’aménagement de l’infrastructure routière. Les modifications apportées au réseau permettent d’éviter la traversée des principales agglomérations.
  • Favoriser l’enseignement de la sécurité routière et développer la formation des personnels de conduite.
  • Sensibiliser les industriels au contrôle technique.
  • Surveiller et faire respecter les règles de circulation (vitesse, stationnement, itinéraire de déviation).
  • Contrôler les citernes avec des visites techniques périodiques.

– Le réseau de transport de la Région Centre Atlantique est surveillé à distance et en permanence par le Centre de Surveillance Régional (CSR). Les installations font l’objet d’un Plan de Surveillance et d’Intervention (PSI) élaboré par la direction de GRTgaz.

– Pour maintenir un degré de protection des populations, l’article L.555-16 du code de l’environnement prévoit l’instauration de servitudes d’utilité publique (SUP) afin d’assurer la maîtrise des risques à proximité des canalisations de transport de matières dangereuses. Ces servitudes d’utilité publiques peuvent donc interdire l'ouverture ou l'extension à proximité de la canalisation de tout type d'urbanisation.